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Huit nouvelles lignées iPSC pour mieux comprendre l'ARSACS : une avancée majeure pour la recherche sur cette maladie neurologique québécoise

  • Writer: Mathieu Blais
    Mathieu Blais
  • Mar 25
  • 3 min read

Une nouvelle publication dans la revue Stem Cell Research marque une étape importante dans la recherche sur l'ataxie spastique récessive autosomique de Charlevoix-Saguenay (ARSACS), une maladie neurologique héréditaire particulièrement présente au Québec. Les équipes des laboratoires Dupré et Gros-Louis, rattachés au CHU de Québec–Université Laval, viennent de décrire la génération de huit lignées de cellules souches pluripotentes induites (iPSC) dérivées de patients atteints de cette maladie.

Qu'est-ce que l'ARSACS ?

L'ARSACS est une maladie neurodégénérative génétique rare causée par des mutations dans le gène SACS, qui code pour la protéine sacsin. Elle se manifeste typiquement dans la petite enfance par des troubles de la coordination et de l'équilibre, une spasticité des membres inférieurs et une neuropathie périphérique progressive. Les personnes atteintes voient leur mobilité se détériorer au fil du temps, nécessitant souvent le recours à un fauteuil roulant dès la trentaine ou la quarantaine.

Bien que l'ARSACS soit présente dans plusieurs pays, elle est particulièrement fréquente dans la région de Charlevoix–Saguenay–Lac-Saint-Jean au Québec, où son incidence est estimée à 1 individu sur 1 500 à 2 000. Cette prévalence élevée en fait une priorité de recherche au sein des neurosciences québécoises.

Pourquoi les iPSC sont-elles si importantes pour la recherche sur les maladies ?

Les cellules souches pluripotentes induites (iPSC) sont obtenues en reprogrammant des cellules adultes ordinaires — par exemple des cellules de la peau ou du sang — pour leur redonner les caractéristiques de cellules souches embryonnaires. Ces cellules peuvent ensuite être différenciées en pratiquement n'importe quel type cellulaire, notamment des neurones et des cellules gliales, qui sont précisément les cellules touchées dans les maladies neurologiques comme l'ARSACS.

L'un des avantages majeurs de cette technologie est que les iPSC conservent le patrimoine génétique du patient dont elles sont issues. Ainsi, les neurones générés à partir de ces lignées portent les mêmes mutations que celles observées chez les patients, permettant aux chercheurs d'étudier les mécanismes de la maladie directement sur des cellules humaines, en laboratoire. Ces modèles cellulaires ouvrent également la voie au criblage de molécules thérapeutiques et au développement de nouvelles approches de traitement.

Huit nouvelles lignées iPSC dérivées de patients ARSACS

La publication de Martineau, Roy, Bellenfant, Blais, Gros-Louis et Dupré décrit en détail la génération et la caractérisation de huit lignées iPSC dérivées de patients atteints d'ARSACS. La création de plusieurs lignées à partir de différents patients est cruciale : elle permet de rendre compte de la diversité génétique et clinique de la maladie, et d'augmenter la robustesse des résultats expérimentaux futurs. Ces ressources biologiques précieuses seront mises à la disposition de la communauté scientifique internationale pour accélérer la recherche sur l'ARSACS.

Une collaboration structurante entre les laboratoires Dupré et Gros-Louis

Ce travail illustre la complémentarité des expertises au sein du CHU de Québec–Université Laval. Le laboratoire du Dr Nicolas Dupré, spécialisé en neurologie et en génétique des maladies neurodégénératives, et celui du Dr François Gros-Louis, expert en biologie des cellules souches et en modèles cellulaires des maladies du système nerveux, ont uni leurs forces pour mener à bien ce projet. Cette synergie entre clinique et recherche fondamentale est au cœur de la mission de NeuroModelQc : développer des modèles innovants pour mieux comprendre et, à terme, traiter les maladies neurologiques qui touchent les Québécois.

La disponibilité de ces huit lignées iPSC représente une ressource de premier plan pour la communauté scientifique mondiale travaillant sur l'ARSACS. Elle permettra d'explorer plus précisément les mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans la dégénérescence neuronale caractéristique de cette maladie, et de tester de nouvelles stratégies thérapeutiques. Un pas de plus vers l'espoir pour les patients et leurs familles.

Référence

Martineau L, Roy V, Bellenfant S, Blais M, Gros-Louis F, Dupré N. Generation of eight human induced pluripotent stem cell lines from patients with Autosomal Recessive Spastic Ataxia of Charlevoix-Saguenay (ARSACS). Stem Cell Research, 2026. DOI: 10.1016/j.scr.2025.103894

 
 
 

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